presqu'île de Giens

presqu'île de Giens

mardi 12 septembre 2017

Would you worry ?


Tandis que


 (couverture de Roxane Lecomte)

le texte de Diptyque part à l'imprimerie, et paraîtra le 15 novembre prochain chez publie.net, la compagnie Pièces détachées met en ligne ce teaser, images issues de la représentation à Besançon que j'avais tant aimé. C'est une grande fierté, pour moi, que d'être associée à l'équipe dans le générique de fin.

(surtout, cliquez sur la croix pour le voir en grand)

samedi 9 septembre 2017

A la vallée-aux-Loups













Cette année, durant toute la saison, c'est-à-dire de fin septembre à fin juin, j'aurai le grand plaisir d'animer des ateliers d'écriture dans la maison de Chateaubriand, à la Vallée-aux-Loups, un samedi après-midi par mois. Cette proposition s'intitule : Ce qui se déplace en nous.
Un bon nombre de participants semble déjà s'être inscrit, mais j'indique tout de même ci-dessous les thèmes de chaque séance, accompagnés du descriptif présent sur le site. Le premier rendez-vous, un peu exceptionnel puisqu'il commencera par une déambulation littéraire, aura lieu le 23 : autant dire que je commence déjà à m'y préparer...













23 septembre : Écrivains voyageurs
Comment voyager en visitant la maison d'un écrivain ? Comment s'approprier les lieux, s'inspirer de textes lus, entendus, pour se lancer à son tour dans l'écriture ? Déambulation littéraire suivie d'un atelier, cette séance invitera à entrer dans l’univers d’écrivains voyageurs : Chateaubriand, bien sûr, mais également des auteurs contemporains, autobiographes, poètes, romanciers, essayistes...













Samedi 21 octobre 2017 : Se préparer au voyage
Les livres des écrivains voyageurs peuvent être des sources d'inspiration : ils permettent alors de s'imaginer le voyage avant de le vivre, de l'écrire. Mais qu'y puiser, au juste ? Une proposition qui oscille entre documentation, mémoire et rêverie.













Samedi 25 novembre 2017 : De l’imaginaire
Se mettre en état de disponibilité, regarder le monde sous un angle différent, c'est parfois, tout simplement, commencer par changer de place. C'est pourquoi cette séance utilisera les différents espaces de la maison de Chateaubriand pour inviter les participants à écrire.



















Samedi 16 décembre 2017 : Entrer et sortir du cadre
Se décaler, se décentrer, ou au contraire suivre un même fil, creuser son sillon : comment l'artiste, l'auteur, jouent-ils avec le cadre, ses frontières, ses limites, pour trouver du neuf ?













Samedi 13 janvier 2018 : Décor(s)
Le décor, est-ce seulement un arrière-plan ? S'il est utile pour restituer une atmosphère, rendre une action plus vivante, ne peut-il pas également être observé pour lui-même ? Que se passe-t- il quand
on place le décor sur le devant de la scène, qu'il devient personnage ?













Samedi 3 février 2018 : Trajet(s)
Qui dit voyage dit trajet : comment faire de nos déplacements, courts ou longs, matière à écriture ? Prise de notes, attention portée à la vitesse, au défilement, au raccourci... Rythmes, images, sensations... Qu'écrire, dans le flux ?













Samedi 10 mars 2018 : A l'écoute du monde
Être à l’écoute du monde, c'est parfois être attentif aux sons qu'il produit, bruits, résonances, échos, reprises, chansons même, peut-être... Par quelles voix, par quelles sonorités nos écrits sont-ils traversés ? Pour voyager, ne suffit-il pas de fermer les yeux ?













Samedi 14 avril 2018 : Rencontres
Observer l’autre, cet inconnu ; le deviner, le reconnaître, se découvrir en lui... Une séance sur le regard et les voix narratives pour mieux se fondre dans la foule et/ou s'en distinguer, entamer un dialogue avec ceux que le hasard ou la curiosité mettent sur notre route.


















Samedi 19 mai 2018 : Parcours intérieur
Quand on voyage, quand on écrit, est-ce pour se fuir, se retrouver ? Est-ce pour devenir quelqu'un d'autre, finir par savoir qui l'on est ? Cette connaissance, si elle existe, constitue-t- elle un point d'arrivée, un ancrage ? Le parcours intérieur n'est-il pas mouvant, lui aussi ?













Samedi 16 juin 2018 : Souvenir du voyage
Lorsque le voyage est fini, quelles traces en garder ? Comment les collecter ? Une séance entre passé
et avenir, avec pour point de départ le désir de garder du voyage tout ce qui fait mouvement, le rend
vivant et unique : l'inattendu, la surprise, le dépaysement.

lundi 28 août 2017

Mobiles immobiles : dix jours sur la Côte d'Azur


La rentrée s'annonce, et avec elle ses nouveautés. Je vais tenter d'être un peu plus présente sur ce blog pour en parler ces prochains temps, accompagner ce qui vient...
Pour commencer, dire que le mini-site de L'aiR Nu consacré à la tournée culturelle de la CCAS, dont j'avais simplement donné les dates ici, s'intitule Mobiles immobiles et qu'il est en ligne depuis ce matin. Vous pouvez y découvrir les textes proposés lors des déambulations, illustrés par des photos que j'ai prises sur place ou un peu à côté. A cause du mistral, seules quelques "cartes postales sonores" ont été enregistrées, on n'entend pas les voix des participants qui se seraient, sinon, perdues dans le vent. Les rencontres ont été belles, pourtant...
(Pour savoir ce qu'est une déambulation littéraire, voyez ici)


















La tournée, pour un auteur, est une drôle d'expérience, je trouve : difficile de savoir si on travaille à plein temps ou à temps partiel (la préparation en amont et sur place est conséquente), si on a par moments l'impression de se retrouver en vacances (est-ce qu'on se l'autorise ?), quel rôle on endosse (écrivain ? animateur ?).  On se sent à la fois mobile et immobile. On vient au contact, on attend. On noue des liens puis on change de ville. C'est à la fois lent et rapide. Dans les temps creux, impossible de lire ni d'écrire, tout occupé qu'on est de ce qui s'est produit, de ce qui va se passer.



L'un de mes moments préférés : celui où, mes 40 textes en main pour 10 qui seront lus, je me promène pour trouver une cohérence, un fil conducteur, alors que je ne connais pas les lieux. C'est le matin. Le camping est désert. Du bar à la pinède, du parking aux habitations, je me raconte ma petite histoire : on serait avec Albert Londres dans un café de Marseille, à la rencontre des marins du monde entier ; suivrait des yeux les jeunes nageurs de Corniche Kennedy ou l'adolescente en vacances de Brigitte Giraud, qui traîne près des tables de ping-pong ; prendrait le large, direction Tahiti, avec Victor Segalen...
Est-ce que je tente ce texte-là, plus difficile à faire passer ? J'ajoute un poème ? Je propose un essai ? Est-ce que je dis quelques mots de la maison d'édition de Martin Page et de Coline Pierré ? (oui). Etc.


C'est prendre la température, espérer qu'il y aura du monde, ne pas reproduire le même parcours que la fois d'avant. C'est se demander ce qu'on fait là, aller se ressourcer près de la mer, regarder les joggers, les bateaux en partance. Pour que ça fonctionne, l'accueil est primordial : il faut se sentir en phase, ne pas se dire qu'elle est absurde, cette idée de faire découvrir des textes à des vacanciers venus pour la plage. 













Un de mes moments préférés (bis) : quand le texte choisi, par la voix d'un autre, se met à résonner entre les pins, sur la terrasse, dans la descente, vers la piscine... Quand il faut se pencher vers le lecteur ou la lectrice pour être sûr de ne pas rater un mot et que nous voilà tout un groupe à tendre l'oreille, comme si c'était très important.


Et ça l'est, bien sûr, aucun doute. 

jeudi 3 août 2017

Tournée d'été


Balader qui voudra, lire, faire lire et découvrir des textes en fin d'après-midi ou début de soirée avant de proposer un moment d'échange autour de l'écriture le lendemain matin, voilà ce que je tenterai la semaine prochaine et jusqu'au 15 août sur la Côte d'Azur, de Six-Fours à la presqu'île de Giens, en changeant de ville tous les deux jours, dans les centres de vacances de la CCAS

les 7 et 8, je serai à Six-Fours
les 9 et 10, au Brusc
les 11 et 12, à Bormes-les-Mimosas
les 14 et 15, enfin, à Giens

J'ai téléphoné, demandé des informations sur ces lieux que je ne connais pas. J'ai entendu parler de plages, d'arbres, de poulailler, de jeux gonflables, de grands escaliers, d'îles qu'on voit au loin. J'ai préparé beaucoup de textes à lire, trop, ce qui me permettra de choisir, de ne pas forcément proposer la même sélection chaque fois (idem pour les exercices liés aux ateliers).

Avec L'aiR Nu, nous avons décidé, comme ce fut le cas lors de la déambulation au festival Visions sociales de Mandelieu, de consacrer un mini-site à ces balades, avec sons, textes et photos. Si tout se passe comme prévu, vous devriez donc retrouver à la fin du mois une trace sonore et visuelle de ces promenades par temps chaud. A bientôt, donc.

dimanche 2 juillet 2017

Décors dehors



Tandis qu'Agnès Varda et JR présentent leur Visages villages un peu partout (ci-dessus une image de la scène que je garderai le plus sûrement en mémoire, où la dernière habitante d'un coron est saisie par le portrait hommage qui est fait d'elle), mon Décor Daguerre progresse, certes à une autre vitesse, mais tout de même un peu. On le retrouve chez Diacritik, où Christine Marcandier, qui m'avait longuement interrogée pour le précédent, Décor Lafayette, y voit cette question posée : Qui suis-je ? "dans tous les sens du verbe".
Ce qui m'a fait le plus plaisir, je crois, c'est que pour elle, la réponse à mon interrogation initiale (Ce récit va-t-il pouvoir se dérouler de façon linéaire ? Non, il n'y aura pas moyen) est légitime, et même souhaitable. Avant de trouver mon éditeur, j'ai eu du mal à faire comprendre mes choix, ai parfois reçu des réponses tellement... disons, énigmatiques, que je suis d'autant plus contente d'être  comprise aujourd'hui. 
Ce n'est pas que ces arguments m'aient fait douter en termes d'écriture : je sais exactement ce que je veux faire et pourquoi je le fais (pardon pour le côté un peu "asséné" de cette phrase, au passage, mais enfin c'est ça !). Christine Marcandier parle, à propos de DD, non pas de roman, mais d'installation, et même de désinstallation. Installation - désinstallation - réinstallation autrement : il y a vraiment de ça en effet, et j'y pensais en écrivant. Merci à elle d'aller voir, chaque fois, au-delà de la surface, de saisir ce que la forme met vraiment en jeu...












Un autre article est paru également sur le blog de Daniel Lebordais, qui avait déjà défendu Franck et Décor Lafayette. Il y parle à la fin de résistance poétique et, forcément, j'y trouve mon compte aussi. Grand merci à eux, donc. Même si, comme je le disais, je ne compte pas m'arrêter en chemin, ces regards m'aident à tenir, m'allègent, accompagnent l'élan.

Quant à mon Décor, il va voyager un peu ces prochains mois : de l'automne au printemps, je vais être invitée à en parler à Bordeaux, à Paris, à Nanterre, à Clermont-Ferrand et sans doute, je l'espère, en Seine-Saint-Denis où il se passe en partie.
En attendant, je tenterai de vous donner des nouvelles de la Côte d'Azur en août, où je vais, eh oui, mener à nouveau des balades littéraires pour le compte de la CCAS. Une tournée de huit jours à Six-Fours, Le Brusc, Bormes-les-Mimosas et la presqu'île de Giens. J'espère rapporter sons, textes et images, sur le modèle de la page de Mandelieu. Voici le programme :


















Ce que je propose est un peu particulier, différent de ce que font les autres auteurs invités, et je me demande bien comment ça va se passer ! 
Suite au prochain épisode, toujours... A bientôt.

samedi 17 juin 2017

au-dessus













un cran au-dessus
captation du silence
de ce qui n'a crié pour personne
attend
on ne sait pas ce qu'on va dire
s'il y a quelque chose à dire d'ailleurs

patience
et monter le volume
supprimer le commentaire

*

oeuvre de Paul-Armand Gette, photographie d'Arnaud de la Cotte

samedi 10 juin 2017

en continu














Affiner encore la précision, la perception sans la censurer. La déployer sans craindre ni l'étrangeté ni le lieu commun. Penser l'expression "avoir un train d'avance", se demander où elle conduit. Penser à l'inexploité, anatomie ou cruauté, obstacles qui forment les dessins de la ville. Ne pas imaginer ce que deviendra le texte.
Ne plus penser à ce qu'il faut prouver ni comment convaincre, avancée de fourmi sur terrain en pente. Admirer ce que les autres savent faire, comment ils s'y prennent et creuser sa route.